Tanya Millette au Advanced Course: Résumé du samedi 5 février

(Propos recueillis par Jean-François Arsenault)

Ces textes seront publiés avec quelques jours de retard. Considérant les disponibilités très limitées de Tanya pour d’abord livrer ses commentaires et ensuite approuver la version finale du texte, nous devons observer un délai de quelques jours…

Pour lire le ou les résumés précédents:

 

 

Samedi le 5 février


Par où commencer… disons tout simplement, dure journée!


D’abord, pour être honnête, la journée a débuté tranquillement par une session théorique. Il n’est pas encore question de réglementation avancée, mais plutôt des consignes qui s’adressent directement aux arbitres. Les attentes envers nous et le respect du décorum sur le terrain: les pièces d’équipement hors des abris et les zones permises pour les joueurs notamment. Une fois ce segment de la journée derrière nous, de retour sur le terrain pour une intense journée de travail. Après le désormais traditionnel tour de terrain et les safe and out, nous avions droit à une session de jeu contrôlé. Cet exercice est fort simple: les instructeurs et quelques arbitres jouent le rôle des joueurs alors que quelques groupes d’arbitres… arbitrent! Évidemment, des situations sont provoquées par les instructeurs afin de tester nos réactions lorsque nous devons intervenir. À chaque journée, un niveau de difficulté est ajouté. Aujourd’hui, c’était les obstructions et interférences.

Je vous disais d’entrée de jeu que ce fut une journée difficile. Pas nécessairement au niveau physique, mais surtout au niveau mental. Pendant le match contrôlé du matin, Rich Rieker, le boss, est venu me parler afin de me demander où j’en étais dans ma réflexion. Tous ici savent que je suis à l’aube d’amorcer une carrière dans les forces de l’ordre, que je suis Québécoise et que des gens m’attendent au Québec. Devant mes hésitations, on m’a fait comprendre qu’il était possible qu’on m’offre un contrat à la fin de la semaine et que je devais réfléchir à mon avenir. En guise de conclusion, Rich m’a dit qu’ils tenaient beaucoup à moi. C’est vachement flatteur, mais quel stress incroyable! Qu’on le veuille ou non, une telle discussion, surtout avec Rich Rieker, vous joue à tout coup un peu dans la tête. Depuis des années, je me passionne pour l’arbitrage et voilà que, BOUM, j’ai cette discussion. En fait, la vraie question à laquelle je dois répondre est: “Tan, est-ce que l’arbitrage peut devenir une carrière ou seulement une maudite belle passion?”. L’horloge tourne et je devrai peut-être prendre une décision très importante plus vite que je ne le pense…

 

Rich Rieker

 

Ensuite, ce fut des rondes en cage des frappeurs. Les instructeurs se relayaient. Lors de ma première ronde, on a travaillé quelques ajustements, mais tout a bien fonctionné. Pour ma deuxième ronde en cage, je fus jumelée à l’ex-arbitre des MLB Clint Fagan afin qu’il puisse évaluer mon travail et me prodiguer des conseils. Je connaissais un peu Clint puisqu’il était venu me chercher à l’aéroport lors de mon arrivée à Orlando. Journée retrouvailles, puisque le troisième instructeur que j’ai côtoyé était Nestor Ceja, l’un de ceux qui était chargé de la mise à niveau de mon arbitrage lors de mon arrivée en catastrophe en début de semaine, après avoir loupé l’entièreté de la formation initiale de 4 semaines. Leurs conseils sont toujours excellents! Malheureusement pour moi, la (grosse) voix de Rich Rieker me revenait en tête tout au long des exercices. Inutile de vous mentionner que pour juger une petite boule blanche avec des lignes rouges qui arrive à 90 milles à l’heure vers toi, il faut un minimum de concentration. Déconcentrée, j’ai fait des erreurs de débutante, des erreurs stupides que je n’aurais jamais dû faire. Il a fallu que je me parle, que je me calme et que je vive le moment présent afin d’offrir le meilleur de moi-même. Lors des exercices sur les buts, tout est revenu à la normale, mais après deux années sans avoir travaillé derrière le marbre, avec le cerveau qui tourne dans tous les sens, c’était difficile…

Clint Fagan et Nestor Ceja

 

Comme si ce n’était pas assez, on m’a demandé de modifier ma position au marbre, notamment d'élargir mes pieds et d’être plus basse. J’ai apporté les correctifs demandés puisque les instructeurs me le demandaient. Comme ils sont les meilleurs au monde, évidemment, j’ai écouté et appliqué leurs conseils avec énormément de sérieux et d’intensité, mais la charge mentale était tout simplement immense! Demain sera un autre jour!