Tanya Millette au Advanced Course: Résumé du lundi 7 février

 

 

(Propos recueillis par Jean-François Arsenault)

Ces textes seront publiés avec quelques jours de retard. Considérant les disponibilités très limitées de Tanya pour d’abord livrer ses commentaires et ensuite approuver la version finale du texte, nous devons observer un délai de quelques jours…

Pour lire le ou les résumés précédents:

Dimanche le 7 février


Ce matin, enfin peut-on dire, nous entrons dans le vif de la réglementation. En fait, nous voyons ensemble des interprétations applicables dans les MiLB. En fait, le livre des règlements, OBR - Official Baseball Rules, est le même partout dans le baseball, y compris au Canada. Toutefois, lorsque les règles ne sont pas claires ou se contredisent (ça l’arrive!), des experts embauchés par des ligues ou organisations doivent les interpréter et cela fait jurisprudence. Puisque le parcours d’un arbitre professionnel débute inévitablement dans le baseball mineur affilié, nous analysons ensemble les interprétations qui s'appliquent. Entre vous et moi, même si ce n’est pas toujours simple, je trouve ça pas mal plus intéressant que les procédures de base…


Par la suite, direction Building 42 (le centre intérieur), pour y faire des simulations de gestion de match. Expulser ou ne pas expulser, telle est la question! En gros, les instructeurs se transforment en acteurs (parfois fort convaincants dans leurs rôles) et nous forcent à réagir comme arbitres. Pour ma part, je n’y ai pas participé, puisque seulement la moitié des arbitres pouvaient passer. Mon tour sera demain! En matière de gestion de partie, l’expulsion fait assurément partie intégrante de l’arsenal de l’arbitre. Toutefois, avant d’y aller avec cette solution définitive (qui n’est pas toujours une solution…), plusieurs autres moyens existent afin de gérer adéquatement un match. La progression dans le continuum d’intervention des arbitres s’enseigne assurément en classe, mais c’est sur le terrain et lors de simulations comme celle-ci que l’on devient compétent. 

 

Après cette pièce de théâtre fort instructive, il n'y avait pas d'entraînement en cage des frappeurs au programme aujourd’hui: que des simulations de partie. Après une journée sur la touche à cause de ma cheville, pour reprendre un terme propre au hockey, je “mangeais les bandes”. J’avais hâte de renouer avec l’action et de chasser de mon esprit mes mauvais souvenirs d’avant-hier. À ce moment la tête trop pleine de pensées quant à mon avenir professionnel, dans le baseball et hors baseball. J’ai du prendre mon mal en patience car mon partenaire et moi (nous sommes jumelés ici) passions parmi les derniers à passer lors des répétitions. 


Ici au camp, les instructeurs se partagent les tâches. Certains “roulent” les activités et d’autres se concentrent sur le feedback individuel. Lorsqu’ils ont quelque chose à nous dire, ils nous invitent “à la table”. On revient alors sur nos erreurs et, de manière très constructive, on suggère des améliorations pour les prochaines répétitions. De mon côté, personne n’a demandé à me parler aujourd’hui. J’imagine que c’est parce que j’ai bien fait! En fait, pour me tester, lors d’une répétition sur les buts, un instructeur est venu me voir sur le terrain pour me dire que j’avais manqué une situation d’obstruction. Alors que je lui disais que je n’avais rien vu de tel, l'instructeur a lancé sa casquette au sol et s’est mis à crier dans toutes les directions. Aussitôt, avec une assurance  hors du commun, je l’ai expulsé. Je crois que je ne me suis jamais autant donnée pour un geste d’expulsion. Aussitôt, le groupe d’arbitres positionné sur le bord de la ligne du 1er but s’est mis à rire et à applaudir. Quelques instructeurs trouvaient la scène bien marrante également, dont Jen Pawol, avec qui j’ai passé beaucoup de temps cette semaine.

Jen Pawol


Côté mondain, Larry Young est sur le site aujourd’hui. Après une carrière bien remplie dans les MLB, Larry est devenu superviseur pour la WBSC (World Baseball and Sofball Confederation), en compagnie d’un autre instructeur qui est ici au camp, Jorge Bauza. J’aimerai bien parler à Larry car, si le professionnel n’est pas une option, j’aimerais bien tenter ma chance du côté international féminin. Je n’ai toutefois pas eu la chance de lui parler encore, mais Rich Rieker, le directeur ici, m’a dit qu’il tenterait de m’organiser un petit tête-à-tête… Également parmi les gros noms ici, l’arbitre bien établi des Ligues Majeures Fieldin Culbreth est parmi nous. C’est déjà très stimulant et impressionnant de côtoyer des arbitres actifs comme Nestor Ceja, mais de rencontrer un vétéran, crew chief comme Fieldin Culbreth, c’est encore plus impressionnant. Souvent, je dois me référer à Jean-François Arsenault qui me dit qui est qui. Sur place, je me fais une liste des gros noms que je rencontre, il y en a tellement.

Larry Young, Jorge Bauza, Rich Rieker, Nestor Ceja et Fieldin Culbreth


En soirée, nous avions un petit devoir à faire. À partir d’une situation en vidéo, nous devions écrire un rapport d’événement / expulsion. Nous avions 48 heures pour le compléter. Premier soir, la “vraie vie” l’a emportée et j’ai dû compléter des documents en prévision d’une demande d’embauche pour un corps policier. Ce soir, en compagnie de mon coéquipier, nous devions remplir le rapport. D’abord, j’étais nerveuse, car rédiger un rapport en anglais est loin d’être une promenade dans un parc. Quant à mon coéquipier, inexpérimenté dans le domaine (l’école professionnelle n’enseigne pas cela), il nommait difficilement les événements. Cela dit, j’ai dû prendre le lead en terme de structure de rapport et de descriptions des éléments pertinents. Pour sa part, étant anglophone, il a pris soin de rédiger le rapport dans un anglais correct. Chacun se complète, ça doit être ça, une équipe!