Tanya Millette au Advanced Course: Résumé du jeudi 3 février

 

(Propos recueillis par Jean-François Arsenault)

Ces textes seront publiés avec quelques jours de retard. Considérant les disponibilités très limitées de Tanya pour d’abord livrer ses commentaires et ensuite approuver la version finale du texte, nous devons observer un délai de quelques jours…

Pour lire le ou les résumés précédents:

 

Jeudi le 3 février


Le VRAI camp commence aujourd'hui. 12 heures par jour d’entrainement… et pas le temps de niaiser! Voici ici une journée typique.

Pour aujourd’hui, puisque tous arrivent de leur camp respectif (Wendelstedt ou MiLB Umpire School), nous devons nous soumettre à des tests médicaux et à différentes entrevues. Il ne faut pas oublier que le but ultime du camp est d’obtenir un emploi dans le baseball affilié. Bref, c’est un peu comme à Nicolet, l’Académie de police, à l’exception qu’ici, personne ne vérifie si mon lit est bien fait. Toutefois, le milieu de l’arbitrage étant bien ancré dans certaines traditions, je dois couvrir mes tatouages sur les bras pendant les cours, ce qui n’était pas le cas à Nicolet.

Horaire type d'une journée au Advanced Course


Parlant de ma future carrière policière, lors d’une première entrevue, Cris Jones, superviseur des arbitres pour les MLB (Cris est entre autre responsable de l’assignation des arbitres substituts provenant du AAA, les fill-in), m’a carrément posé la question: comment vais-je réagir face à un tel choix de carrière: la police ou l’arbitrage? Non seulement être confrontée à une telle série de questions est plutôt déstabilisant, mais ces questions, dois-je le rappeler, sont posées en anglais! Évidemment, il fallait s’y attendre en se présentant à un tel camp. Il faut réagir vite, fournir les meilleures réponses possibles… et dans ma deuxième langue en plus! À vrai dire, ces entrevues sont tout à fait appropriées, dans la mesure où ils devront embaucher des employés qui devront faire d’immenses sacrifices dans leurs vies personnelles et professionnelles afin de vivre le rêve du baseball affilié et performer dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles…

Cris Jones


Pour la deuxième entrevue, je retrouvais un visage familier: Charlie Reliford. Fidèle à lui-même, Charlie fut bienveillant et amical dans son approche. Lorsqu’il fut question de ma maîtrise de la langue anglaise, qui deviendrait assurément ma principale langue de travail en étant active dans le pays de l’Oncle Sam, Charlie m’a rappelé que des tuteurs étaient disponibles et que les ressources seraient mobilisées pour permettre à une francophone comme moi de performer. Mais attention: si les Major League Baseball sont prêts à mettre des ressources au service des arbitres, ils s’attendent en retour à des performances de haut niveau! 

 

Charlie Reliford


Quant aux performances comme telles, j’ai pu discuter avec Charlie de ma réalité pour le moins particulière ces deux dernières saisons. Si arbitrer derrière le monticule aiguise les capacités d’adaptation et d’improvisation, ce n’est certainement pas l’idéal pour le développement d’une arbitre. Charlie était parfaitement au courant de mes conditions de travail des 24 derniers mois et s’est montré très empathique. Évidemment, ce n'est pas une raison pour baisser de régime: le but est de faire écarquiller les yeux des superviseurs présents!


Le reste de la journée fut dédiée à divers tests médicaux, prises de sang, électrocardiogramme et autres. Considérant le rythme de vie un peu fou qui attend les arbitres pendant 6 mois, sur la route et plutôt isolés, comme futur employeur, Minor League Baseball s’assure de la bonne forme physique des employés. Parmi ces tests, certains étaient de nature cognitive. Comme arbitres, nous ne sommes pas sans savoir que les commotions cérébrales sont un risque très important dans notre métier. Cela dit, notre mémoire et capacités cognitives sont mesurées avant l’embauche éventuelle histoire d’établir des comparatifs en cas de blessure.